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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 09:50


Qui donc peut vraiment penser que, durant les longues vacances d'été, les jours se ressemblent tous, qu'ils finissent par former un magma informe, faits de paroles futiles et de gestes identiques, répétés mécaniquement? Selon certains, la surprise y serait devenue une denrée plutôt rare, l'insolite se serait dissous dans l'uniformité ambiante, le ravissement ne serait plus accessible à l'esprit blasé et revenu de tout. Ainsi certaines personnes s'ennuient-elles en vacances, surtout, disent-elles, si elles ne "communiquent" pas, si elles ne sont pas "bien entourées", si elles ne trouvent "rien à faire": ô conditionnement des temps modernes...

Et pourtant, est-ce que chaque instant, même le plus creux, vécu au coeur de cette période bénie, attendue avec ferveur tout au long d'une année de frilosité et de contraintes, n'est pas l'écrin de velours renfermant des sensations vives toujours nouvelles, résonances irisées nées en nous d'échos divers, de rencontres fortuites, de scènes changeantes parfois à moitié vécues, à moitié rêvées?C'est bien la superposition, ou mieux, l'interaction en nous de ces multiples résonances qui donne à une journée d'été placée sous les signes conjugués de la vacuité et du farniente son épaisseur ouatée, dans laquelle on plonge avec délices, avec plaisir...

5 heures du matin.

"...daylight

I must wake on the sunrise

I must think of a new life"

La voix puissamment émouvante de Barbra Streisand fait vibrer mon réveil-matin, et me fait sauter du lit. Sauter du lit,à une heure aussi matinale, c'est facile en été, peut-être parce que c'est un plaisir de dormir toutes fenêtres ouvertes,et qu'ainsi on a l'impression de passer la nuit à la belle étoile.Mais peut-être aussi parce qu'on ne tient pas à perdre ne fût-ce qu'une miette de l'or fin du temps estival? Le sommeil, alors, c'est presqu'un sacrilège, de l'inutile gaspillage de vie.

Un brin de toilette, une cotonnade légère et colorée sur mon maillot de bain, et me voilà dehors.

Personne dans les petites rue paisibles, encore endormies dans cette demi-obscurité, et que je traverse allègrement, sans appréhension aucune. Le silence humain, en ce moment, n'a pour moi rien d'inquiétant, bien au contraire: j'éprouve la curieuse et dépaysante impression d'être seule sur ma planète, d'une solitude-plénitude qui ne me fait sentir ni une survivante, ni une abandonnée: sentiment d'une étrange, euphorique, précieuse liberté, dont il s'agit de vivre très vite, intensément, l'émotion unique, parce qu'elle ne dure que les quelques instants qui me séparent du réveil assuré, inévitable, de la foule, occupante fiévreuse des lieux publics.

Des branches d'arbres légèrement frémissantes me parviennent quelques cris étouffés d'oiseaux, timides encore, comme si les petits chanteurs se faisaient la voix avant leur entrée en scène sous les feux du soleil de juillet.Une brise douce, caressante, frôle subrepticement mes cheveux, court sur mes bras nus. Une atmosphère particulière qui me rappelle à chaque fois, avec le même sentiment de reconnaissance, ce très beau texte de Colette (encore une belle amoureuse des petits matins à l'extérieur!) adolescente, à laquelle sa mère offrait l'aube comme un cadeau, une "récompense":

"A trois heures et demi, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d'abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps... C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion..."

Sensations, sensations...

"Another night is over

Another day is dawning"

Ma chanson du matin toujours sur les lèvres, je me hâte vers mon chemin-cadeau à moi, mon lieu de douce prédilection, la mer, la source initiale à laquelle j'aspire et respire à grandes et généreuses bouffées mon élixir de quotidienne régénérescence.

Beauté bouleversante de commencement du monde sur la plage à demi brumeuse, fraîchement éveillée d'une nuit de profondeur abyssale!

Dès que je mets mon pied sur la grève, dès que je m'approche du bord de l'eau, c'est comme si je deviens autre: plus forte, plus consciente de mon être et du monde, comme Antée reprenait contact avec la Terre-Mère pour mieux retrouver sa vigueur première.

Je foule de mon pied nu l'ocre sable encore humide de rosée, je m'avance en toute confiance vers l'infinie mouvance gris-rose en ce lever de jour tremblant à l'horizon. Longtemps, je reste ainsi debout face à l'onde toujours renouvelée,ma robe de cotonnade rouge en tas sur le sable, sensible seulement à la câline douceur bleue de son léger clapotement répété à intervalles réguliers contre mes chevilles. Tête à tête silencieux...

Refaire connaissance chaque jour, replonger dans l'inconnu chaque jour. L'eau froide du petit matin se referme sur ma taille. Mes mains ouvertes effleurent la surface mobile où dansent quelques pans de dentelle blanche. Petite angoisse délicieuse quand, les yeux à demi-fermés, je quitte pour un instant les mondes alliés et rassurants de l'air et de la terre pour celui, opaque, fluide et fuyant de l'eau mystérieuse et mystérieusement invitante. Isolement. Nage vigoureuse, libre et libératrice, corps entier en mouvements souples, esprit instantanément évadé des tensions, filant vers je ne sais quel incertain objectif, plus loin, au large, encore plus loin...

Lorsque j'émerge enfin, ruisselante, allégée, souriant au monde, le soleil s'est affirmé, le bleu du ciel est déjà vaporeux. Une barque de pêcheur, toute blanche, est là, comme d'habitude, accotée à un petit promontoire rocheux. La voix pénétrante de son unique occupant, un vieil homme au regard étonnamment jeune et rieur, au visage buriné à moitié mangé par une barbe blanche, chante doucement sa chanson du matin à lui, comme je fredonnais la mienne une heure auparavant:

"Réveillez-vous et remplissez le verre du désir

Avant que la main du Destin ne remplisse le verre de la vie"

O sagesse immémoriale!

Le vieil homme interrompt son hymne à la vie pour me saluer d'un sourire ouvert et d'un grand geste de la main: notre "entrevue" matinale est devenue une espèce de rendez-vous quotidien,amical, bien que muet: il revient de la pêche au moment où je sors de l'eau. Signe de vie...

Et puis les vers immortels de Omar Khayyam s'étendent de nouveau sur la mer en un serein appel:

"Comme il est vain et inutile le jour qui pour moi se passe

Sans que je ne puisse aimer ni adorer

Le sommeil n'a jamais allongé le cours de la vie

Les longues veilles n'ont jamais raccourci l'existence"(1)

"Vivons! vivons!

De l'heure fugitive, hâtons-nous, jouissons!"

lui répondent intérieurement mes lointaines et tenaces réminiscences poétiques.

Retour à pas vifs à la maison aux fenêtres toujours largement ouvertes sur un soleil maintenant triomphant, l'âme résonnant des musiques de l'aube, les bras chargésde fleurs fraîches cueillies sur des bas-côtés féconds du chemin en pente, les narines délicieusement chatouillées par la savoureuse odeur des croissants chauds tout juste sortis du four du boulanger voisin: un splendide petit-déjeuner m'attend!

(1) La traduction est,bien entendu, très approximative.

Par Aurore bleue
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 13:01


NOCTURNE  II


Magie fantasmagorique de la première heure après minuit,dans la brume printanière de Londres.Il bruinait.La fraîcheur humide de l'air me fit relever le col de ma cape,tirer sur mes gants et presser le pas.J'avais besoin de marcher,de respirer à fond.Je venais de passer la soirée chez des amis,et j'en avais émergé la tête pleine de "bruit et de fureur".Le dîner prévu de longue date pour l'anniversaire de la maîtresse de maison,que j'avais imaginé calme,avait commencé dans une atmosphère compassée,entre les chandeliers d'argent et la vaisselle ancienne,puis s'était mué peu à peu en une espèce de sit-in au milieu du salon enfumé;deux ou trois guitares jouaient en un complet désaccord,des voix mêlées,plus ou moins incertaines,massacraient des chansons connues;j'entendais fuser,à chaque refrain,de stridulants cris de sioux destinés sans doute à marquer la cadence.C'était assez pittoresque,mais à forte dose,difficile à supporter.

Je faisais un long détour pour rentrer.Pas un bruissement.On ne distinguait pas grand'chose de loin;les réverbères,vagues lueurs tremblotant dans le noir ambiant,laissaient percevoir seulement des ombres furtives qui glissaient silencieusement dans le brouillard, le long des portes closes et des fenêtres aveugles et sourdes.Je pensai in petto que j'étais moi-même une de ces ombres,cela me fit sourire;je me sentais tout à fait mieux,en plein dans mon élément.

Ce fut alors que j'entendis cet air.Un violon! D'où cela venait-il?Je m'arrêtai,perplexe,attirée malgré moi.Tout se taisait,la musique seule semblait sourdre de nulle part,embrumée au début,puis de plus en plus claire et fluide à mesure qu'elle se rapprochait.Je n'arrivais pas à mettre un nom sur le morceau joué;curieusement,pourtant,il me "parlait",éveillait en moi des émotions paradoxales mais vives.Joie?Douleur?Aujourd'hui encore,je ne saurais le dire.Ce qui était certain,c'est que mon humeur avait changé imperceptiblement:je n'étais plus qu'attente.La longue phrase mélodieuse,lente,presque hésitante quand j'avais commencé à la percevoir,s'était accélérée,devenait nerveuse,avant de ralentir,de mourir,et repartait de plus belle.


Ils sortirent tous les deux de la brume,marchant lentement juste devant moi,sans me voir,fermés sur eux-mêmes.On aurait dit qu'ils n'allaient nulle part,qu'aucune destination définie n'était faite pour eux.Lui, longiligne,la tête doucement inclinée sur son instrument,les cheveux fous,les yeux mi-clos,semblait se mouvoir au gré d'un rythme purement intérieur.Elle,silencieuse,les mains nues dans le froid,ne le quittait pas des yeux,comme absorbée dans une espèce de profonde,douloureuse,muette adoration.


Je n'aurais su dire pourquoi,mais j'eus du mal moi-même à résisterà l'envie folle de suivre aussi ce violon,comme les enfants de Hameln suivirent le joueur de flûte.Cependant je me secouai; une fois disparue dans le brouillard la dernière note, je sortis d'une étrange léthargie...La nuit et la brume alliées à la musique,cela voue joue de ces tours!

Par Aurore bleue
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 14:10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être ai-je trop sollicité ta voix et ta présence

Que tu m’aies octroyé

Ce don précieux

Cette fugace apparition

Dans ma longue nuit

Cette vision de rêve en plein cœur de mon rêve

 

Ton regard si doux posé sur ma détresse

Ton sourire apaisant m’offrant une promesse

« Allons, arrête, me dis-tu, avec cette tendresse

Qui n’est toujours qu’à toi,

Il viendra il viendra

Le jour où nous nous reverrons

Où nous nous retrouverons »

 

Baume inespéré pénétrant doucement

Dans mon âme blessée

Lui rendant la force et la beauté

De la certitude

Bonnes et simples paroles

Du clair espoir tout d’un coup retrouvé

Milliers d’étincelles jaillissantes

Nourrissant ma fragile et tremblante patience

 

Merci

Ma généreuse

Pour cette fleur de lumière.

 

 

1 décembre 2008.

Par Aurore bleue
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 08:35

Je viens juste de terminer LES CHUTES: œuvre prenante, puissante, sur les thèmes croisés de l'amour et de la mort, de la fascination et du rejet, de l'hypocrisie et de la sincérité.

 

C’est l’histoire d’Ariah, jeune mariée au début du récit, dont le mari se jette dans les chutes du Niagara juste le lendemain de sa nuit de noces. L’impact de ce suicide, incompréhensible pour la jeune épouse, va profondément peser sur cette dernière, et sur la famille qu’elle va fonder.

Ariah, pathétique, attachante, exaspérante, traumatisée et traumatisant ceux qui l'entourent, est un personnage au destin tragique, qu'on comprend, mais qu'on a envie de secouer fort pour qu'elle s'aperçoive que le réel, c'est aussi autre chose que la peur et l'enfermement sur soi. Ce que ses enfants vont essayer, chacun à sa manière, de faire.

Avec en arrière-fond, une tranche d'histoire des USA dans les années cruciales 1950-70, vue « de l’intérieur » : l'industrialisation et ses conséquences, les procès truqués, l'affaire de Cuba, le maccarthysme...


Et le tout sur fond des Chutes du Niagara: belles, fortes, mystérieuses,
" entraînantes". A mon avis, le personnage principal du roman.

Par Aurore bleue
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 15:45
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Nocturne (1):Allemagne.

Magie virevoltante d'une nuit étoilée de la mi-août à Bacharach,non loin du rocher de la Lorelei. C'est là que,passant devant la porte aux deux battants largement ouverts d'une vieille taverne,je me sentis soudain happée par deux mains inconnues mais vigoureuses,et entraînée dans la valse folle que rythmait le jeu fougueux d'un pianiste en proie à un délire inspiré: gênés sans doute par l'exiguité du lieu,ou par les énormes chopes de bière et de cidre pleines à ras bord, qui passaient au-dessus des têtes avant d'atterrir dangereusement sur les longues tables de bois sombre,les danseurs avaient résolument débordé sur le trottoir pavé de ce petit village de légende.

Spectacle inédit de sons et de lumières! Ni robes "princesse" froufroutantes,ni queues de pies,mais jusqu'au petit matin le miroitant tourbillon rouge noir or blanc bleu de corps bicéphales irradiant la joie ivre tournant tournoyant pirouettant.

On ne fêtait rien,on ne célébrait rien.On s'offrait une parenthèse d'inconscience.Des inconnus respiraient un air capiteux dans une "salle" de bal improvisée, espace ensorcelé, libéré de ses contingences.

Par Aurore bleue
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Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /Nov /2007 12:52

 

Ces trois mots-clés de mon imaginaire

J'essaie de temps en temps de les vivre ensemble

Magie des ténèbres

Mouvance marine

Mystère de l'escale prochaine

 

Mais au fond compte surtout le voyage dans la nuit

Peu importe le moyen utilisé

Voiture avion train, et ah! le bateau, cette merveille!

"Il y a un grand charme à quitter au petit matin une ville familière pour une destination ignorée", a dit Julien Gracq.

Certes, mais que dire de cette autre sorte de charme, d'envoûtement, plus prenant, plus fort ressenti, plus déstabilisant, attaché au départ de nuit?

Je connais cette sensation particulière, indéfinissable, toujours attendue et toujours nouvelle, quand, au crépuscule,on s'éloigne de l'habituel, du familier douillet et protecteur. On s'enfonce alors peu à peu, assis sagement au milieu d'inconnus, dans les insolites paysages nocturnes. Alternance d'ombres suggestives et de lumières tantôt fulgurantes, tantôt tremblotantes.

Chemins libres

ouverts

du fantastique, de l'illusion, du rêve...

Par Aurore bleue
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Samedi 10 novembre 2007 6 10 /11 /Nov /2007 12:49
Comment voir partir ses amis l'un après l'autre vers des terres plus fermes, avoir le moyen de les accompagner, et se refuser à le faire? Comment accepter de gaieté de coeur de rester sur le quai, à les regarder s'éloigner sans réagir, sans tenir compte de leurs fraternels appels?

Impossible.

Et nous voilà en plein déménagement. Vive l'aventure!

Cependant, je dois reconnaître que ce n'est guère facile de quitter un lieu devenu aussi familier que ma salle de séjour. J'y ai mes habitudes lentement acquises, mes moments privilégiés. Et c'est encore moins confortable de s'installer ailleurs, sous de nouveaux cieux, de nouvelles couleurs, de nouvelles orientations. Depuis hier, en ouvrant cette page inédite de mon nouveau monde-blog, j'ai en tête ce passage de "Du côté de chez Swann", quand le narrateur parle avec humour des nombreuses chambres où il a ( plus ou moins mal) dormi:

" ...celle, petite et si élevée de plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et partiellement revêtue d'acajou, où dès la première seconde j'avais été intoxiqué moralement par l'odeur inconnue du vétiver, convaincu de l'hostilité des rideaux violets et de l'insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n'eusse été pas là;- où une étrange et impitoyable glace à pieds quadrangulaire, barrant obliquement un des angles de la pièce, se creusait à vif dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé à un emplacement qui n'était pas prévu..."

Ce nouveau cadre de vie amicale d'abord, "intellectuelle" ensuite, n'est certes pas aussi rébarbatif que la chambre proustienne citée ci-dessus, loin de là! Il s'agit seulement de faire mieux connaissance avec ses coins et ses recoins, d'amadouer l'esprit des lieux, d'en prendre l'habitude, "aménégeuse habile mais bien lente et qui commence par laisser souffrir notre esprit pendant des semaines dans une installation provisoire".

Alors, nous deviendrons de nouveau de bons "maîtres/maîtresses de maison". 
Et nous apprécierons à sa juste valeur ce changement. 

"Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement, que panser le changement".
Je vous laisse méditer cette petite réflexion de feu Francis Blanche.
Par Aurore bleue
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